Mon cher frère,

On dit—et je le crois fort volontiers—qu’il est difficile de se connaître soi-même—mais il n’est pas aisé non plus de se peindre soi-même. Ainsi je travaille à deux portraits de moi dans ce moment—faute d’autre modèle—parce qu’il est plus que temps que je fasse un peu de figure. L’un je l’ai commencé le premier jour que je me suis levé, j’étais maigre, pâle comme un diable. C’est bleu violet foncé et la tête blanchâtre avec des cheveux jaunes, donc un effet de couleur. Mais depuis j’en ai recommencé un de trios-quarts sur fond clair. . . . tu verras ceci quand tu mettras le portrait sur fond clair que je viens de terminer . . . qu’à présent j’ai l’air plus sain qu’alors et même beacoup. Je suis même porté à croire que le portrait te dira mieux que ma lettre comment je vais et que cela te rassurera . . . .

t. à. t.,
Vincent.